MARIE LE BARS
LA THERAPIE EMDR
-Eye Movement Desensitization and Reprocessing-
Méthode de désensibilisation et de retraitement par les mouvements oculaires
​La psychothérapie EMDR est reconnue dans le monde entier, y compris par l'Organisation Mondiale de la Santé. La thérapie EMDR a fait l’objet de nombreuses études scientifiques internationales. Elle est reconnue dans le traitement du trouble de stress post-traumatique par l’OMS (2013), l’INSERM (2004 et 2015) et la Haute Autorité de la Santé (2007).
La thérapie EMDR traite les conséquences psychologiques d'expériences de vie émotionnellement perturbantes et le Trouble de Stress Post Traumatique.​ ​
Qu’est-ce qu’un « trauma » ?
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La notion de « trauma » (abréviation de « psychotraumatisme ») a beaucoup évolué ces dernières années. Ce trouble peut se développer suite à un choc émotionnel particulièrement violent : par exemple, avoir été confronté à la mort, à la maladie d’un proche, avoir été victime d’agression, de harcèlement, de maltraitances physiques, psychologiques ou sexuelles, d’un accident de la route, d’une catastrophe naturelle, d’un attentat ou tout autre événement de vie difficile, impactant l’équilibre émotionnel.
Désormais, nous savons que certains évènements de vie négatifs – certes, qui ne répondent pas aux critères stricts « d’évènements traumatiques » tels que décrits dans les dictionnaires de santé mentale - qui ont été répétés à plusieurs reprises, ont exactement les mêmes conséquences. Pour ne prendre que quelques exemples : expériences de rejet, d’échec, d’humiliation, négligences affectives et/ou émotionnelle, non prise en compte des besoins, climat de tensions/disputes etc.
Ces expériences négatives ne font pas toujours l’objet d’un psychotraumatisme. En effet, nous sommes équipés d’un système interne d’auto guérison qui nous permet de digérer, d’intégrer.
Parfois ce système naturel se bloque parce que la charge émotionnelle est trop forte : ce blocage est là pour nous protéger sur le moment mais entraine des conséquences dans le futur. En effet, les expériences de vie négatives restent stockées « à l’état brut » dans le système nerveux avec la charge émotionnelle, les sensations physiques associées et les pensées négatives sur soi. Cela peut générer de l’insécurité psychologique et ainsi altérer la santé mentale des individus et le lien à l’autre.
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Qu’est-ce que l’EMDR ?
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La thérapie EMDR est une approche thérapeutique qui peut agir sur ces souvenirs négatifs non digérés et sur leurs conséquences. En effet, les stimulations bilatérales alternées (comme le mouvement des yeux) associées à la guidance clinique ont une action neuropsychologique : elles favorisent les connexions neuronales. Cela permet progressivement d’intégrer les évènements restés coincés et donc d’alléger la charge émotionnelle.
Cette thérapie est un processus qui nécessite dans un premier temps de faire connaissance, de repérer les difficultés du patient (appelés aussi « symptômes) mais également ses ressources (internes et externes). La confiance mutuelle est indispensable, la thérapie nécessitant un cadre sécurisant. Il est d’ailleurs fondamental d’être accompagné par un psychothérapeute formé au sein d’un organisme reconnu. La liste est disponible sur www.emdr-france.org.
L’EMDR est une thérapie qui nous permet d’aller activer un système inné de guérison dont nous sommes tous équipés mais qui n’a pas pu opérer à un moment donné. Souvent, il n’a pas pu opérer naturellement parce que la charge émotionnelle était trop forte à ce moment-là. L’information est alors restée « bloquée » dans le système nerveux et génère un psychotraumatisme. Face à un psychotraumatisme, les études mettent en évidence l’hyperactivation du système limbique (associé aux émotions), l’inhibition de la zone de Broca (associée au langage) et une désactivation de la zone pré frontal (zone d’intégration de l’information). Francine Shapiro a découvert que le balayage oculaire active une zone du cerveau qui permet l’intégration et a conceptualisé la thérapie EMDR : Méthode de désensibilisation et de retraitement par les mouvements oculaires.
Il est important de noter que c’est le patient qui active le processus de guérison et en garde le contrôle exclusif.